CAN 2019 : L’HEURE DE VÉRITÉ POUR CLARENCE SEEDORF
Date de publication :06/07/19
Publié par: +DEFOOT
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Les choix du technicien néerlandais du Cameroun, qui affronte le Nigeria ce soir, sont assez illisibles depuis le début du tournoi.

La scène se passe contre le Bénin (0-0, mardi). Patrick Kluivert se lève, parle, un poil incrédule, avec Clarence Seedorf d’un changement à venir pour le Cameroun. « Et là, on a vraiment l’impression que Kluivert ne comprend pas ce que Seedorf veut faire », raconte Claude Le Roy, présent sur cette CAN. Depuis le début du tournoi, Kluivert, l’adjoint, n’est pas le seul perturbé par les modifications apportées par son ami. Les compositions d’équipes camerounaises ont changé à chaque fois, les systèmes, itou, et comme le dit en souriant un grand ancien : « La première difficulté, c’est de savoir qui sera sur le terrain.

Une forme de management plutôt rare en sélection où les repères restent des valeurs sûres. L’ancien joueur de l’AC Milan est ainsi passé à une défense à trois contre le Ghana (0-0, le 29 juin) après une bonne entame à quatre devant la Guinée-Bissau (2-0, le 25 juin). Il a ensuite glissé Franck Anguissa devant la défense pour l’ultime rendez-vous de phase de groupes, alors que l’ancien Marseillais s’était distingué en milieu relayeur les deux premiers matches – deux fois MVP.

Choupo-Moting, capitaine sur le banc, sur un côté, puis meneur de jeu

La mise sur le banc d’Éric Choupo-Moting, le capitaine, lors du deuxième match contre le Ghana, a interpellé. Son cas est assez symptomatique : pour la troisième rencontre il est revenu meneur derrière deux attaquants après avoir évolué en entame sur un côté… Seedorf, ou un hommage permanent au pays des hiéroglyphes. Problème : la sélection manque de Jean-François Champollion pour déchiffrer l’esprit du technicien.

Depuis sa prise de pouvoir en août 2018, grâce à l’appui de Samuel Eto’o, le Néerlandais tente d’impulser des principes qui ne sont, en fait, pas toujours compris de tous. Ses séances, longues, son insistance sur les points tactiques entraînent des débats. Il y a quelques mois, des joueurs avaient envoyé au feu l’un des cadres pour demander à Seedorf de réduire la durée des entraînements. Il est revenu sans avoir eu le temps de réellement s’exprimer tant l’accueil a été glacial…

Pas certain que Seedorf ait, en fait, intégré les réalités locales. « Ça fait un peu discours de sourds car les joueurs ne viennent pas en sélection pour avoir des séances de vidéo mais les mecs peuvent apprécier qu’ils disent les choses en face aussi », tempère un proche d’un Lion. Tout n’est pas négatif certainement, et prendre Seedorf, c’est prendre ses conceptions et… Patrick Kluivert, perçu plus comme un accompagnateur, son passage à Paris l’ayant desservi en termes d’image. 

Georges Mandjeck, l’un des cadres, se montre ainsi dithyrambique. « Il est très proche des joueurs, communique énormément et transmet toute son expérience. Pour moi, c’est le meilleur entraîneur que l’équipe nationale a eu depuis que j’y suis (2009), et avec Patrick, le meilleur duo. Il a changé le mental. Il ne réagit pas à chaud. On ne peut qu’aller loin avec cette organisation. » Si on arrive à la comprendre évidement.

Avec le Journal L'Equipe 

Patrice Fotso

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