EQUIPE NATIONALE : FAUT-IL CONVOQUER UN JOUEUR (SE) SANS CLUB ?
Date de publication :09/05/19
Publié par: Ghislain Koungang
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Peut-on ou doit-on convoquer un joueur qui n’a pas de club ou encore  plus nettement un footballeur ou une footballeuse qui ne joue pas ? Cette question demeure pendante mais aujourd’hui elle revient au cœur de l’actualité à la faveur d’une occurrence notamment la présélection de Gaëlle  Enganamouit parmi les 26 lionnes indomptables en stage pour la préparation du Mondial féminin de juin prochain en France. 

L’internationale camerounaise que l’on ne présente plus a du mal depuis un bon bout de temps avec sa carrière. Agé seulement de 26 ans, elle est désormais sans club, le dernier en date étant Malaga en Espagne avec lequel l’idylle s’est arrêtée. Ce qui n’a pas empêché qu’elle soit choisie par la FIFA comme égérie pour porter le prestigieux trophée de la coupe du monde jusqu’au Cameroun.

Mais voilà, du point de vue technique, c’est à dire au gré des performances sur le terrain, ce qui est déterminant dans la sélection d’un joueur, l’on ne peut logiquement expliquer, moins encore, justifier cette convocation  même s’il ne s’agit que d’une présélection, encore qu’une fois appelée, on voit très mal comment elle  pourrait être recalée.  D’où la question initiale : peut-on ou doit-on convoquer un joueur qui n’a pas de club ou encore un footballeur ou une footballeuse qui ne joue pas ? 

Cette interrogation est pertinente à partir du moment où l’absence de compétition déteint inéluctable sur les conditions physique, psychologique, et surtout technique de la joueuse, dans le cas d’espèce. Autrement Gaëlle Enganamouit est au creux de sa forme. Une situation qui n’est guère inédite, au contraire, qui dure depuis plusieurs années déjà et ce même lorsqu’elle était sociétaire d’une formation. 

Si cette préoccupation interroge, c’est bien parce certains experts s’accordent à soutenir qu’il est préférable d’avoir un joueur de petit niveau mais qui joue régulièrement et par conséquent bénéficie du rythme et de l’ambiance des rencontres qu’une star qui cire les bancs, encore que là Gaëlle Enganamouit ne rentre pas dans ce schéma puisqu’elle ne dispose pas de club. On a beau dire qu’elle s’entraine, mais cela ne sera jamais l’équivalent d’une rencontre officielle de football, avec les enjeux que cela comporte, le public qui pousse et hurle, l’ambiance surchauffé des phases de jeux, bref pratiquement  rien à voir.  

Si ce paramètre soustrait et rend complexe à la compréhension la présence de Gaëlle Enganamouit au sein des lionnes indomptables, est-ce à dire qu’un autre aspect beaucoup moins sportif pourrait rentrer en ligne de compte pour valider cette convocation ? Si oui, cela relèverait du moral, de l’impact que la meilleure joueuse africaine 2016 pourrait avoir sur ses coéquipières, de l’ambiance construite autour d’un noyau considéré comme une famille et dont la présence des uns et des autres n’épouse plus seulement l’aspect technique (forme), mais davantage la complémentarité et l’assurance qu’une telle joueuse pourrait apporter à ses camarades (feeling). Un peu à l’image d’Idriss Carlos Kameni chez les lions masculins ? ohh  Zut !  Sauf que le champion olympique 2000 n’est pas titulaire…

G.K.

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